Le 12 novembre 2019, l’équipe d’évaluation finale du projet « Renforcement de la résilience des ménages vulnérables dans la région des Savanes au Togo » est venue présenter le compte rendu de sa mission d’évaluation au siège de la Croix-Rouge Togolaise.

Dans cette région du Togo, les ménages sont particulièrement vulnérables. En 2011, le taux de pauvreté de la région était estimé à 91%, 75% pour la région de la Kara contre 25% pour la capitale Lomé (INSEED, 2011). Les conditions climatiques et naturelles y sont plus difficiles et sont accentuées par les effets du changement climatiques.

Pour contribuer à l’amélioration des conditions de vie des populations rurales de 35 localités de la région, le projet a œuvré pendant 3 ans (juillet 2016 – juin 2019) au renforcement de la résilience des ménages à travers la diversification des moyens d’existence, et la promotion des techniques relatives à l’élevage, l’agriculture et la création des techniques permettant l’exploitation rationnelle des forêts tout en assurant leur conservation et leur régénération.

DES MÉNAGES PLUS RÉSILIENTS (dotés de capacités de vivre, de se développer et de s’épanouir après avoir traversé des moments difficiles)
Grâce aux techniques culturales adaptées

Les rendements agricoles des ménages ont été augmentés tout en diminuant l’utilisation d’engrais chimiques grâce notamment à l’utilisation du compost, couplée avec l’implantation de cordons pierreux ou de diguettes enherbées qui ont permis une meilleure conservation de l’eau et des nutriments dans le sol. Les revenus générés à la fois par la vente des surplus de produits agricoles et la baisse des coûts en engrais ont permis aux ménages d’améliorer leurs conditions de vie. Dans les localités du projet, la proportion de ménages ayant un revenu supérieur ou égal à 1.200 FCFA/jour (Salaire Minimum Garanti au Togo) est passé de 35 à 41%.

TEMOIGNAGE

LARE Dominique est un volontaire membre du club des jeunes de Gnoate. Marié et père de 4 enfants, il n’arrivait pas à assumer les charges familiales et avait même envisagé de migrer en Côte d’Ivoire comme beaucoup de ses amis du village.

Avec le projet résilience de la Croix-Rouge, il a reçu une formation en maraîchage et s’est converti dans la culture de contre saison, (qui se fait hors saison) dans le bas-fonds aménagé et équipé en motopompe par le projet. Après une année laborieuse, ses récoltes de piments et d’oignons lui ont permis d’acquérir une paire de bœufs, et de confectionner près de 3.000 briques pour la construction de sa maison.

Cependant, les pratiques ne sont pas encore solidement ancrées dans les habitudes des ménages, ces résultats probants risquent donc de ne pas être durables. Les communautés ont vivement exprimé leur souhait de voir le projet se poursuivre pour qu’il puisse bénéficier à un plus grand nombre. C’est également le souhait des acteurs de terrain qui confirment « comme un goût d’inachevé » du projet.

DES COMMUNAUTÉS PLUS RÉSILIENTES
Amélioration de la cohésion sociale

L’un des succès incontestables dudit projet est le renforcement de la cohésion sociale dans les localités où il a été réalisé. Les hommes réunis au sein des ‘’Clubs des jeunes’’ et les femmes dans les ‘’Clubs des mères’’ sont devenus en quelques mois les moteurs de mobilisation communautaire et de développement dans leur village. Ces clubs ont en effet su mobiliser leur communauté dans la réalisation de 23.818,2 mètres de cordons pierreux, 439 mètres de diguettes en terre et 18.993 mètres de bandes enherbées protégeant ainsi près de 49,73 hectares de superficie.

« C’est une expérience à capitaliser (à accumuler pour en tirer profit après), à partager avec d’autres pays. On a constaté un changement notoire en termes de cohésion sociale et un engouement particulier pour les activités ».

Délégué CRD/en charge des questions de résilience en Afrique de l’ouest
Femme prenant la parole au sein d'un groupe de villageois.

L’équité genre a particulièrement été renforcée. Il n’est plus rare de voir les femmes parler sans complexe au même titre que les hommes lors de réunion communautaires et d’exprimer leur opinion.

Les villageois ont cité le renforcement de l’entente au sein des foyers comme une des conséquences directes du projet. Les femmes, en particulier, ont tenu à souligner les changements qu’elles ont pu constater dans les relations de couple (photo ci-contre).

Ces succès sont notamment dus à l’engagement des « Clubs de mères » et des « Comités d’hommes », créant un engouement pour les activités du projet et entraînant des changements de comportement à long terme.

L’autonomisation de ces groupes communautaires représente un des défis à relever pour pérenniser les impacts du projet.  En accédant à un statut juridique, ces groupes pourraient bénéficier de fonds spécifiquement dédiés pour faire fonctionner leurs activités mais aussi renforcer leur position de leader et acteur de changement. Il appartient aux communautés avec l’appui de la Croix-Rouge de répondre à ce challenge.

ÉVALUATION FINALE DU PROJET RÉSILIENCE SAVANES

6 avis sur « ÉVALUATION FINALE DU PROJET RÉSILIENCE SAVANES »

  • 24 décembre 2019 à 12 h 24 min
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    Bonjour. A qui s’adresse ce communiqué ? A un lectorat ayant un minimum de vocabulaire je suppose d’après les mots employés. ( Résilience, implémenté, agri-sylvo-pastorales, compost, nutriments, culture de contre saison, probant, expérience à capitaliser, etc etc ).
    Je m’interroge sur la forme. L’utilisation, le choix des mots rend il accessible à tout, un chacun le texte et le fond de ce qui est réalisé ?
    La compréhension, et l’appropriation quand au fond de ce texte par les populations concernées est il dans les objectifs ? Un vocabulaire accessible au plus grand nombre me semblerait plus adapté, judicieux. Après tout, ils sont les principaux acteurs de ces projets et réalisations.
    Ce serait un motif supplémentaire de fierté de voir leurs travaux et efforts publiés.
    Un lexique annexe me semblerait une bonne chose.
    Pour ces communautés, et d’autres qui sont dans les mêmes situations et recherchent des idées, des projets, des solutions.
    Cordialement.

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    • 3 février 2020 à 11 h 12 min
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      Merci cher lecteur.Vos commentaires sont les bienvenus et seront pris en compte!

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    • 3 février 2020 à 11 h 09 min
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      Merci pour vos appréciations!

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    • 3 février 2020 à 11 h 10 min
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      Thanks so much for your appreciations!

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